Le Venezuela en quête de solidarité

Par Thomas Peralte, Haïti, Liberté, édition du 14 au 20 juin 2017 

Lundi 12 juin, Delcy Rodríguez la Chancelière de la République bolivarienne du Venezuela débarquait à Port-au Prince et rencontrait le président Jovenel Moïse. Pour mettre en contexte cette visite, on fait référence à l’histoire pour l’inscrire dans le cadre de la célébration de 153 ans de relations diplomatiques bilatérales initiées à l’époque de l’indépendance, quand Alexandre Pétion a apporté son soutien à Simón Bolívar pour l’expédition des Keys en 1816 ; ce qui lui a permis d’entrer au Venezuela et de contribuer à la victoire des ré- publicains sur l’île de Margarita et d’autres régions de l’Est. 

En effet au cours de cette réunion de travail, la Ministre des Affaires étrangères du Venezuela a fait l’éloge de la fraternité entre le Venezuela et Haïti : « Je suis complètement satisfaite de la coopération avec Haïti. On va l’améliorer et on va garder la voie de la coopération [...] Nous avons toujours été ensemble, nous resterons ensemble et continuerons à marcher sur le même chemin de la dignité et de l’indépendance [...] Avec le nouveau Gouvernement d’Haï- ti, nous avons des relations extraordinaires car il ne peut en être autrement entre le Venezuela et Haïti ». 

Cependant cette visite rentre dans le cadre que le Venezuela veut totalement compter sur Haïti face à la crise entretenue par l’opposition appuyée par toutes les forces impériales internationales. Il faut signaler que le gouvernement du Venezuela avait apprécié la position d’Haïti à l’OEA. Dans les mauvais moments, il faut rassurer les alliés et c’est dans ce sens que la Chancelière a déclaré : « PetroCaribe va bien et il va se poursuivre», pour ajouter ensuite : « il revient aux Haïtiens de faire une bonne gestion des fonds du programme ». 

Jovenel Moise lui, a profité de cette visite pour solliciter de l’aide et la Chancelière Rodríguez, de souligner « J’ai rencontré le Président Jovenel Moïse ce matin. On a eu une très bonne rencontre, on a parlé de la coopération. Il était très précis, il connaît très bien tous les projets et il sait très bien ce qu’il veut faire. Il veut avancer sur la modernisation des infrastructures agricoles. Il veut aussi travailler sur les projets de l’eau, sur l’asphalte et beaucoup d’autres projets. » 

Les déclarations de la diplomatie vénézuélienne ne signifient pas pour autant que la chancelière supporte le gouvernement face au peuple haïtien. Rien de cela. Ce pays tout comme Cuba n’interfère jamais dans la politique interne d’un autre pays. Il ne se comporte pas comme ceux-là qu’il critique pour être les gendarmes du monde : les Etats Unis. Tout ce qui est important pour le pays de Chavez, c’est de s’assurer que les EtatsUnis ne les isolent pas des peuples frères de l’Amérique comme l’ont fait le Mexique, le Pérou et l’Argentine.